15 juin 2021

Science

Le tabagisme protège-t-il de la COVID-19 ? Les liens encore flous entre tabagisme et infection à coronavirus

Des chercheurs ont suggéré que le tabagisme pouvait protéger contre les formes sévères de la COVID-19. Qu’en est-il vraiment ?

En 2020, des chercheurs ont suggéré que le tabagisme pouvait protéger contre les formes sévères de la COVID-19 et beaucoup de médias se sont emparés de l’information. Depuis, le principal article qui supposait un effet protecteur du tabagisme vis-à-vis de la COVID-19 a fait l’objet d’une dépublication pour cause de liens d’intérêt non-déclarés entre certains de ses auteurs et l’industrie du tabac. Alors, qu’en est-il vraiment ? Le tabagisme protège-t-il de la COVID-19 ? Quels seraient les liens entre tabagisme et infection à coronavirus ?

Les liens encore flous entre tabagisme, infection à coronavirus et récepteurs ACE-2

Les coronavirus, tels que le SARS-CoV2 qui a plongé le monde dans une crise globale sans précédent, pénètrent l’organisme principalement en se liant à une protéine de surface des cellules : les récepteurs ACE-2. Ces composants sont impliqués notamment dans le fonctionnement pulmonaire et cardiovasculaire, par le biais de la production d’une substance qui dilate les vaisseaux sanguins : l’angiotensine 1-7. Ce mécanisme de dilatation agit en principe en équilibre avec un mécanisme de contraction des vaisseaux, opéré par l’angiotensine II. Cependant, dans certains cas, comme dans l’hypertension artérielle (une pathologie fréquemment liée au tabac), cet équilibre est rompu et engendre des problèmes de santé.

Mais pourquoi le tabagisme protègerait-il de la COVID-19 ? Des chercheurs ont émis l’hypothèse que le nombre de ces récepteurs ACE-2 pourrait être modifié par l’absorption de nicotine (la substance addictive du tabac), soit à la hausse, soit à la baisse. Cependant, les études se contredisent, et il n’est pas possible de tirer de conclusion définitive quant à ce potentiel lien entre tabagisme, infection à coronavirus et récepteurs ACE-2. Ce mécanisme fait néanmoins partie des pistes à l’étude dans la recherche d’un traitement contre la COVID-19. Une étude de l’impact de la nicotine sur l’infection à coronavirus est en cours dans certains hôpitaux parisiens.

Aussi, le tabagisme est associé à de nombreuses pathologies cardiovasculaires et respiratoires, et est connu pour augmenter la sévérité des infections. Plusieurs études ont déjà montré que les fumeurs atteints de grippe, de pneumonie, ou encore de bronchiolite, connaissaient généralement une évolution plus défavorable de leur état que les non-fumeurs. Plutôt que de protéger, le tabagisme augmenterait donc plutôt le risque d’être atteint d’une forme grave de coronavirus.

Face à l’incertitude, que faire pour se protéger de la COVID-19 ?

Dans tous les cas, les institutions sanitaires recommandent fortement d’arrêter de fumer, et de ne pas prendre de traitements de substitution nicotinique dans le but de se protéger contre la COVID-19, car rien à ce jour ne permet d’établir un lien causal entre l’absorption de nicotine, l’expression des récepteurs ACE-2, la vulnérabilité à contracter le virus, et, le cas échéant, la sévérité de l’infection. En effet, même s’il devait finalement être démontré que la nicotine a un effet protecteur contre les coronavirus, le tabac fumé contient des milliers d’autres substances toxiques dont plusieurs dizaines sont cancérigènes. De plus, la dose et le mode d’administration de la nicotine pure resteraient encore à établir, sans doute au cas par cas.

Kwit peut vous accompagner dans ce parcours vers une meilleure santé ! Et pour des conseils au jour le jour, suivez-nous Facebook, Instagram, Twitter et LinkedIn !

Astuces

Le meilleur cadeau utile de dernière minute

En savoir plus

Témoignages

Loïc : Il a arrêté de fumer avec sa femme

En savoir plus

Témoignages

Comment trouver la motivation pour arrêter de fumer : témoignage 

En savoir plus

Question/Réponse

Comment reconnaître la toux du fumeur et s’en débarrasser ?

En savoir plus